10 mars 2008

La page blanche

En regardant des trucs insignifiants développés pour la télé américaine où il est question qu'une écrivain adapte son autobiographie au cinéma, je me suis dit que je ne pourrais pas.

Tout le temps de ton travail, tout ce que tu mets dedans tu vas le chercher en toi et au final tout ce temps-là tu continues de vivre avec, de le porter. je ne pourrais pas.

des traces, des cicatrices, des histoires qui marquent au fer rouge j'en ai eu. Comme tout le monde. Aujourd'hui il ne reste que quelques goûts amers et de vieilles rancœurs. Il ne reste rien de très vivant de tout ça et c'est tant mieux.

On me dit que je sais écrire, que ça pourrait donner quelque chose de très bien à lire et que ça pourrait me faire du bien en moi. Oui, peut-être. Mais je ne veux pas m'imprégner d'épisodes passés de ma vie. Je ne veux pas rediffuser ces mauvaises histoires mal gérées. Je ne veux pas me souvenir des affronts endossés et des êtres éloignés. C'est au dessus de toutes mes forces que de faire revivre même pour raconter et m'accomplir.

J'ai le sentiment d'avancer bien mieux en laissant ces corps sur mon chemin. Je n'ai pas besoin de les emmener avec moi sur la route vers le bout du rouleau, ça alourdit le sac, la démarche et le cœur. Je n'ai pas besoin de repenser l'histoire, de la modifier, de l'embellir ou la noircir. Je n'ai pas besoin de la rejouer.

Alors je ne fais pas. Et je reste devant cette page virtuelle blanche à me demander quoi songer, quoi coucher sur cet écran de papier.

Et je n'écris rien, parce que si je ne veux pas me replonger dans des choses digérées, je ne sais pas non plus inventer.

Posté par Traash à 10:44 - Commentaires [0] - Permalien [#]


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